Vous cotisez déjà à la SSI et votre future pension vous fait froid dans le dos ? Normal. Le taux de remplacement pour les indépendants tourne autour de 50% à 60% du dernier revenu, et c’est encore pire si vos bénéfices ont fluctué pendant votre carrière. Bonne nouvelle : vous pouvez compléter votre retraite par capitalisation, sans augmenter vos cotisations obligatoires. Des enveloppes d’épargne volontaire existent pour vous constituer un capital que vous récupérerez à la retraite, avec des avantages fiscaux immédiats pour certaines. On va anticiper l’avenir avec financermaretraite.fr.
C’est tout le sujet de la suite.
Pourquoi votre retraite obligatoire ne suffira pas ?
Contrairement aux salariés qui cotisent sur des salaires fixes, vous cotisez sur des bénéfices qui varient d’une année sur l’autre. Une année difficile ? Vos droits à retraite en prennent un coup. Plusieurs années creuses sur votre carrière ? Votre pension sera amputée significativement.
Le système par répartition calcule votre retraite de base sur vos 25 meilleures années. Si 10 de ces années affichent des revenus faibles parce que vous avez lancé votre activité, traversé une crise ou investi dans votre outil de travail, votre pension s’effondre. Et on ne parle même pas de la retraite complémentaire qui suit exactement la même logique.
Résultat : beaucoup d’indépendants touchent 800 € à 1 200 € de retraite après 40 ans d’activité. Impossible de maintenir votre niveau de vie avec ça, surtout si vous avez encore un crédit immobilier ou des charges incompressibles.
La solution ? Épargner par vous-même, en dehors du système par répartition, pour vous constituer un capital ou une rente viagère que vous débloquerez au moment de votre départ.
Le PER : l’arme fiscale des indépendants
Un plafond de déduction boosté pour les TNS
Le Plan d’Épargne Retraite est votre meilleur allié fiscal. Vous déduisez vos versements de votre bénéfice imposable, ce qui réduit immédiatement votre impôt sur le revenu et vos cotisations sociales.
Contrairement aux salariés limités à 10% de leurs revenus d’activité (dans la limite de 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale), vous bénéficiez d’un plafond majoré. Votre plafond de déduction se calcule ainsi : 10% de votre bénéfice imposable + 15% de la fraction de ce bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS.
Concrètement, avec un bénéfice de 80 000 €, vous pouvez déduire environ 18 000 € de versements sur votre PER. Si vous êtes dans la tranche d’imposition à 30%, ces 18 000 € vous font économiser 5 400 € d’impôt immédiatement, plus une baisse des cotisations sociales proportionnelle.
Adapter vos versements aux bonnes années
Votre activité génère 120 000 € de bénéfice cette année et vous savez que l’an prochain sera plus calme ? Versez massivement sur votre PER maintenant. L’année prochaine, si vos revenus baissent, vous versez moins ou rien du tout.
Cette flexibilité est cruciale pour les indépendants dont les revenus fluctuent. Vous ne subissez aucune pénalité si vous ne versez rien une année donnée. Et si vous n’utilisez pas la totalité de votre plafond de déduction, vous pouvez reporter le reliquat sur les trois années suivantes.
Capital ou rente à la sortie
À la retraite, vous choisissez comment récupérer votre argent. Sortie en capital en une fois pour rembourser votre crédit immobilier ou financer un projet ? Sortie en capital fractionné sur plusieurs années pour compléter progressivement votre pension ? Ou sortie en rente viagère qui vous verse un complément mensuel jusqu’à votre décès ?
Votre choix dépend de votre situation patrimoniale et de vos besoins. Un conseil : si vous optez pour la sortie en capital, pensez aux prélèvements sociaux qui seront dus (17,2% sur les gains), mais pas d’impôt sur le revenu si vous choisissez cette modalité de sortie.
L’assurance-vie : l’épargne retraite souple et disponible
Zéro contrainte, zéro blocage
À l’inverse du PER qui bloque vos sommes jusqu’à la retraite, l’assurance-vie reste disponible à tout moment. Vous avez besoin d’un apport pour acheter un local professionnel ? Vous faites un rachat partiel. Une année difficile nécessite de puiser dans l’épargne ? Vous récupérez ce dont vous avez besoin sans pénalité.
Cette souplesse a un prix : aucune déduction fiscale à l’entrée. Vous versez avec de l’argent après impôt. Mais à la sortie, après 8 ans de détention, vous profitez d’un abattement annuel de 4 600 € sur les plus-values pour une personne seule (9 200 € pour un couple).
Mixer sécurité et performance
Vos versements se répartissent entre fonds euros (capital garanti, rendement autour de 2,50% en 2025) et unités de compte (supports dynamiques sans garantie en capital mais avec un potentiel de rendement supérieur).
Plus vous êtes éloigné de la retraite, plus vous pouvez placer une part importante sur les unités de compte. À 45 ans avec 20 ans devant vous, investir 70% en UC n’est pas déraisonnable. À 60 ans à 5 ans de la retraite, sécurisez progressivement en basculant vers le fonds euros.
L’assurance-vie permet aussi d’investir dans des SCPI (pierre-papier) pour diversifier sur l’immobilier sans les contraintes de gestion.
Les SCPI : toucher des loyers sans gérer de locataires
La pierre-papier pour les indépendants trop occupés
Vous n’avez ni le temps ni l’envie de gérer un bien locatif physique ? Les Sociétés Civiles de Placement Immobilier mutualisent des centaines de millions d’euros pour acheter des bureaux, des commerces, des entrepôts logistiques dans toute l’Europe.
Vous achetez des parts de SCPI pour 10 000 €, 50 000 € ou 100 000 €. Chaque trimestre, vous touchez votre quote-part des loyers perçus par la société. Rendement moyen : 4,50% à 5% par an. Sur 50 000 € investis, ça fait 2 250 € à 2 500 € de loyers annuels qui complètent votre trésorerie.
Aucune gestion locative, aucun travaux, aucun impayé à gérer : la société de gestion s’occupe de tout. Vous touchez vos loyers et votre comptable intègre ces revenus fonciers dans votre déclaration.
La nue-propriété de SCPI : capitaliser sans fiscalité
Stratégie avancée pour les indépendants qui ont du capital disponible mais n’ont pas besoin de revenus immédiats : acheter de la nue-propriété de SCPI.
Vous achetez les parts avec une décote de 30% à 40%, vous ne percevez aucun loyer pendant 10 à 15 ans, mais à l’extinction de l’usufruit, vous récupérez la pleine propriété valorisée à 100%. Entre-temps, votre nue-propriété n’entre pas dans l’assiette de l’IFI et vous ne payez aucun impôt sur des revenus que vous ne touchez pas.
Cette technique est parfaite si vous avez 50 ans et que vous préparez votre retraite pour dans 15 ans. Vous capitalisez sans fiscalité pendant la période active, et vous commencez à percevoir les loyers pile au moment où vous réduisez votre activité.
Les solutions d’épargne que les indépendants oublient trop souvent
Garder vos anciens contrats Madelin
Si vous déteniez un contrat Madelin avant la création du PER en 2019, ne vous précipitez pas pour le transférer. Certains vieux contrats Madelin offrent des taux de conversion en rente viagère nettement plus avantageux que les PER actuels, ou des rendements minimum garantis introuvables aujourd’hui.
Faites le calcul avec votre conseiller : si votre Madelin vous garantit un taux technique de 3,50% alors que le marché est à 1,50%, vous avez tout intérêt à le conserver et à ouvrir un PER en parallèle pour vos nouveaux versements.
Investir dans votre résidence principale
Acheter votre résidence principale est un placement retraite souvent sous-estimé. Une fois votre crédit remboursé à la retraite, vous éliminez 800 € à 1 500 € de loyer mensuel de vos charges. Ça équivaut à une rente viagère de 9 600 € à 18 000 € par an non imposée.
Bonus : l’achat de votre résidence principale est un des rares motifs de déblocage anticipé autorisé sur un PER. Vous pouvez donc utiliser votre PER pour financer votre apport et bénéficier immédiatement de la déduction fiscale sur vos versements.
Le cumul emploi-retraite pour prolonger l’activité
En tant qu’indépendant, vous pouvez liquider votre retraite et continuer à exercer votre activité. Si vous remplissez les conditions du cumul emploi-retraite intégral (âge légal atteint + tous vos trimestres validés), vous touchez l’intégralité de votre pension tout en continuant à facturer vos clients.
Cette formule permet de lisser la transition entre activité et retraite. Vous réduisez progressivement votre volume d’activité, vous complétez avec votre pension, et vous conservez une dynamique professionnelle qui évite la rupture brutale.
Quelle stratégie selon votre profil d’indépendant ?
Vous avez 40 ans et des revenus stables autour de 60 000 € à 80 000 € : ouvrez un PER et versez 10 000 € à 15 000 € par an pour profiter de la déduction fiscale. Complétez avec une assurance-vie où vous versez 3 000 € à 5 000 € annuels sans contrainte de blocage.
Vous avez 50 ans avec des revenus très fluctuants : privilégiez l’assurance-vie pour sa souplesse. Versez massivement les bonnes années (20 000 € à 30 000 €), ne versez rien les années difficiles. Vous gardez la main sur votre épargne en cas de coup dur.
Vous avez 45 ans avec 100 000 € de côté et de forts revenus : achetez 50 000 € de nue-propriété de SCPI (démembrement 15 ans) pour capitaliser sans fiscalité jusqu’à 60 ans. Investissez les 50 000 € restants sur un PER en versements programmés pour profiter de la déduction fiscale annuelle.
Vous approchez de 60 ans avec peu d’épargne constituée : concentrez-vous sur le PER avec des versements maximaux les 5 dernières années d’activité. Déduisez massivement pour réduire votre impôt et vos cotisations, et sortez en capital à la retraite pour vous constituer un matelas de sécurité.
Dans tous les cas, diversifiez. Ne mettez jamais 100% de votre épargne retraite sur un seul support. Mixer PER, assurance-vie et immobilier (physique ou SCPI) dilue les risques et vous offre plusieurs leviers de revenus complémentaires au moment de votre départ.
Pour une stratégie patrimoniale adaptée à votre situation fiscale et professionnelle, consultez un conseiller en gestion de patrimoine qui analysera vos flux de trésorerie, vos perspectives d’évolution et vos objectifs de retraite.